Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne
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Positions

lagazette.fr - Désertification : les solutions de Jacques Mézard pour réanimer les territoires

Jeudi 1 Mars 2018


Invité par la fondation Res Publica, le ministre de la Cohésion des territoires a fustigé la fusion des régions et ses effets néfastes pour les populations les plus éloignées des métropoles. L'occasion pour Jacques Mézard de présenter ses priorités pour ranimer les territoires en souffrance.


La fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, débattait de la « désertification et de la réanimation des territoires » le 27 février dernier, en présence du ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard. Un thème au cœur de l’actualité du mois de février : la menace de nombreuses fermetures de classes à la prochaine rentrée scolaire a mis le feu aux poudres dans de nombreux départements ruraux.
De plus, le rapport Spinetta sur le système ferroviaire français, remis la semaine dernière au premier ministre Edouard Philippe, a fait naître la crainte de la fermeture de petites lignes de train, jugées peu utilisées et trop coûteuses pour la collectivité. Enfin, la presse se fait de plus en plus l’écho de la détresse des villes moyennes, qui, au contraire des grandes métropoles dynamiques, se vident de leurs commerces et de leurs habitants.

L’abandon de l’Etat
Comment en est-on arrivé là ?  « Depuis les années 1990, force est de constater que l’État a abandonné toute ambition en matière d’aménagement du territoire, écrivaient déjà les sénateurs Hervé Maurey (Eure) et Louis-Jean de Nicolaÿ (Sarthe), dans un rapport publié en mai dernier.
Le rôle dévolu au CGET (ex- DATAR), autrefois bras armé de l’État pour l’aménagement du territoire, en est l’illustration la plus flagrante. Ce dernier ne constitue plus qu’une structure vidée de sa substance, de ses moyens d’actions et de toute ambition même. »
La raréfaction des services publics, première coupable
Jean-Pierre Chevènement dresse un constat tout aussi cinglant : face à la désindustrialisation, « la France n’a pas su renouveler sa politique d’aménagement du territoire ». Marie-Françoise Bechtel, vice-présidente de la Fondation Res Publica, ancienne députée de l’Aisne, a elle aussi fustigé « l’abandon du volontarisme qui animait auparavant l’aménagement du territoire » , qui a eu pour résultat la montée du vote Front National et des revendications identitaires.
«Le départ des brigades de gendarmerie, la réforme de la carte judiciaire sous Sarkozy et plus globalement la raréfaction des services publics ont été mal vécus par les populations les plus éloignées », regrette-t-elle. Un constat aussi partagé par Jean-Pierre Duport, délégué à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar) de 1989 à 1993, qui a appelé à une meilleure prise en compte des territoires : « Il faut veiller à ce que les réformes en matière de mobilités, de sécurité ou de santé soient jugées en fonction de leur impact sur les territoires et il faut intégrer un volet territorial dans les études d’impact en amont. Enfin, le haut débit généralisé n’a que trop tardé !»
Mézard, toujours fâché après la nouvelle carte des régions
Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, a pour sa part déploré la fusion des régions, adoptée en 2015 pendant le quinquennat de François Hollande :« On a fait fi de la nécessité de proximité entre la représentation et la population, et on a accentué l’éloignement des services publics ! »
Il a décliné les priorités du quinquennat en matière d’aménagement du territoire: « Nous allons créer une agence de cohésion des territoires pour remettre l’ingénierie de l’état à disposition des territoires : une mission de préfiguration a été mise en place pour aboutir à des propositions dans les deux mois qui permettront de mettre en place cette agence le plus rapidement possible. »

En fin d’année 2017, le ministre avait également annoncé le lancement d’un « plan villes moyennes », visant notamment à redynamiser le logement et le commerce de centre-ville. « Enfin, il faut repenser la fiscalité locale », a insisté Jacques Mézard. Le gouvernement entend supprimer totalement la taxe d’habitation pour tous les français d’ici à 2020. « D’ici à la fin du quinquennat, le gouvernement va présenter une nouvelle façon de financer les collectivités locales », a assuré le ministre.


Retrouvez cet article sur le site internet de la gazette des communes :
http://www.lagazettedescommunes.com/551867/desertification-les-solutions-de-jacques-mezard-pour-reanimer-les-territoires/

Plus d'informations sue le site de la fondation Res publica :
https://www.fondation-res-publica.org/