Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

Voici le contenu de mon intervention lors du dernier colloque de la fondation Res Publica qui portait sur le délaissement des territoires.


Messieurs les ministres,
chers collègues intervenants,
Mesdames et Messieurs,
chers amis,
 
Il me revient de décrire à ma façon la même réalité que celle qu’ont analysée le préfet Duport et le professeur Dumont.

Nous avons intitulé le colloque « Désertification et réanimation des territoires », ce qui, à soi seul, est déjà un constat. Je ne reviendrai pas sur le constat global, dans sa dimension historique, de la manière dont les choses se sont passées dans notre pays depuis une génération maintenant, avec l’abandon du volontarisme qui animait l’aménagement du territoire dans les grandes années. Je ne reviendrai pas non plus, sauf sur un point, sur les réformes institutionnelles, sous l’angle du moins sous lequel le professeur Dumont les a examinées. Je voudrais simplement regarder concrètement où se situent les plus grands points de difficultés et s’il est possible de trouver quelque lueur à l’horizon.

Marianne : Les élites et le peuple, retour sur un débat
Une fois n’est pas coutume : j’utilise ce billet pour répondre à certaines des réactions suscitées par mon billet précédent : « Il faut à la France des élites nouvelles ».
Je dis certaines parce que la facilité -et l’anonymat- offerts aux commentaires par le système interactif charrie un flot d’agressivité où surnagent heureusement de vrais éléments de débat. C’est aux auteurs de ces derniers que je voudrais répondre et non à ceux qui invectivent ou sont assez soucieux d’une information exacte pour croire que je soutiendrais un Benoît Hamon ou que je serais "euro-béate".
 
Deux choses m’ont frappée dans les critiques de bonne foi. [...]

Invité par la fondation Res Publica, le ministre de la Cohésion des territoires a fustigé la fusion des régions et ses effets néfastes pour les populations les plus éloignées des métropoles. L'occasion pour Jacques Mézard de présenter ses priorités pour ranimer les territoires en souffrance.


lagazette.fr - Désertification : les solutions de Jacques Mézard pour réanimer les territoires
La fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, débattait de la « désertification et de la réanimation des territoires » le 27 février dernier, en présence du ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard. Un thème au cœur de l’actualité du mois de février : la menace de nombreuses fermetures de classes à la prochaine rentrée scolaire a mis le feu aux poudres dans de nombreux départements ruraux.
De plus, le rapport Spinetta sur le système ferroviaire français, remis la semaine dernière au premier ministre Edouard Philippe, a fait naître la crainte de la fermeture de petites lignes de train, jugées peu utilisées et trop coûteuses pour la collectivité. Enfin, la presse se fait de plus en plus l’écho de la détresse des villes moyennes, qui, au contraire des grandes métropoles dynamiques, se vident de leurs commerces et de leurs habitants.

Emmanuel Macron souhaite instaurer un « service national universel » pour tous les jeunes. Comment civils et militaires de nos territoires appréhendent-ils le retour d’une certaine forme de conscription ?


L'Union : Jeunes, politiques, militaires… que pensent-ils d’un retour du service national ?
Emmanuel Macron entend-il mettre la jeunesse aux pas ? Un peu de cela. Mais pas que… Déjà, ce n’est pas une surprise. Une ébauche de service national figurait dans son programme de candidat à la Présidence de la République.
Depuis son arrivée à l’Élysée, l’évocation du sujet a entraîné une certaine cacophonie quant à sa durée, et à son côté obligatoire, au sein de sa majorité.
La semaine dernière, le Président de la République a stoppé net les élucubrations : ce service national universel (SNU), sera obligatoire pour tous, d’une durée trois à six mois, en plusieurs volets, « militaire », et en même temps, « civique »… Alors, comment le monde associatif, civil, militaire, politique, et les jeunes, abordent ce retour du service national selon son domaine de compétences ?

Recréer un service national, une idée qui fait son chemin.

Depuis la suspension du Service militaire par la volonté de Jacques Chirac en 1998, on a vu surgir de temps en temps quelques initiatives personnelles, venant la plupart du temps de parlementaires, pour demander le retour à un service national obligatoire.

Le  14 novembre 2015, lendemain des attentats du Bataclan, j’ai adressé au Président de la République une lettre, signée par plusieurs de mes collègues au Parlement, lui demandant  d’annoncer solennellement à l’occasion de son intervention devant le Congrès des deux assemblées réuni à Versailles le jour suivant, le retour à un Service universel et obligatoire. Je soulignais tout particulièrement  dans cette lettre ( reproduite à la fin de ce billet) l’importance de la question de l’intégration.

Je pense que le refus du Président de faire une telle proposition fut une grande occasion manquée. Surtout si l’on se souvient que, en dehors de l’annonce des mesures nécessaires pour assurer la sécurité nationale, la seule solution « sociétale » qu’il ait envisagée à Versailles était la déchéance de nationalité pour les bi nationaux. Censée piéger une opposition qui avait fait de cette fausse bonne idée un de ses mantras, cette proposition s’est retournée contre son auteur qui n’en avait manifestement pas envisagé toutes les implications tant juridiques que politiques. Oui, quelle belle occasion perdue…

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