Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

Recréer un service national, une idée qui fait son chemin.

Depuis la suspension du Service militaire par la volonté de Jacques Chirac en 1998, on a vu surgir de temps en temps quelques initiatives personnelles, venant la plupart du temps de parlementaires, pour demander le retour à un service national obligatoire.

Le  14 novembre 2015, lendemain des attentats du Bataclan, j’ai adressé au Président de la République une lettre, signée par plusieurs de mes collègues au Parlement, lui demandant  d’annoncer solennellement à l’occasion de son intervention devant le Congrès des deux assemblées réuni à Versailles le jour suivant, le retour à un Service universel et obligatoire. Je soulignais tout particulièrement  dans cette lettre ( reproduite à la fin de ce billet) l’importance de la question de l’intégration.

Je pense que le refus du Président de faire une telle proposition fut une grande occasion manquée. Surtout si l’on se souvient que, en dehors de l’annonce des mesures nécessaires pour assurer la sécurité nationale, la seule solution « sociétale » qu’il ait envisagée à Versailles était la déchéance de nationalité pour les bi nationaux. Censée piéger une opposition qui avait fait de cette fausse bonne idée un de ses mantras, cette proposition s’est retournée contre son auteur qui n’en avait manifestement pas envisagé toutes les implications tant juridiques que politiques. Oui, quelle belle occasion perdue…

Dans les médias


Mercredi 31 Janvier 2018


Faut-il supprimer le classement de sortie de l'ENA ?
Invitée de l'émission "du grain à moudre" animée par Hervé Gardette et diffusée sur France Culture ce soir à 18h20, je vais débattre de cette question avec Maya Bacache-Beauvallet et Luc Rouban.

Positions


Jeudi 18 Janvier 2018


Que nous souhaiter, que souhaiter à la France en ce début 2018 ?

De ne pas oublier le monde, sinon le monde nous rattrapera. Il ne sert à rien de fermer les yeux et les oreilles, de fermer les écoutilles. Avec internet et les réseaux sociaux, le monde nous envahit de partout, pour le meilleur et pour le pire, pour le stimulant comme pour le médiocre, pour la crainte comme pour l’espoir. Le repli sur soi  est un mauvais réflexe, tout simplement parce qu’il est trop tard. Lorsque nous aurons su répondre aux dérives multiples du tout numérique, nous nous sentirons mieux dans un monde plus sain. Ces dérives sont certes de toute sorte, mais c’est bien pour cela qu’il ne suffit pas d’ouvrir les yeux, il ne faut pas baisser les bras:
  • A l’école, intégrer un enseignement aux médias et non seulement par les médias : apprendre aux enfants le risque de la fausse information, les éduquer contre les dérives : multiplication de l’effet harcèlement par l’usage des réseaux sociaux, risques liés aux contenus sectaires ou terroristes d’autant plus dangereux qu’ils sont insidieux. Et aussi montrer qu’internet est un remarquable outil d’apprentissage et de recherche… si on sait ce que c’est qu’apprendre et chercher : vérifier la qualité d’une information en la croisant, apprendre la notion de source d’information, savoir distinguer ce qui relève de la science avérée et contrôlée et ce qui relève de l’opinion. C’est peut-être le paradoxe d’internet que jamais le maître n’aura été plus indispensable.

Positions


Mercredi 6 Décembre 2017


Voici le contenu de mon intervention durant le colloque Saint-Just du 250e anniversaire organisé à Soissons par l'association pour la sauvegarde de la maison Saint-Just.


Saint Just et nous
Ce texte est dédié à Jean Kahn, 1922-2006, ami de Saint-Just et de la Révolution française
 
 
Mesdames, Messieurs, chers amis,
Le nom de « commémoration »  convient particulièrement à l’hommage rendu ici à cet enfant de la Picardie que fut Saint-Just car c’est bien de mémoire « commune » dont il est question aujourd'hui. Mémoire régionale d’abord  par les liens qu’entretint Saint-Just avec l’Aisne dont il fut le premier député, tout particulièrement avec Blérancourt  où demeure le témoignage touchant  de sa maison familiale et avec Soissons où fut faite son éducation au collège des Oratoriens qui porte aujourd’hui son nom. Au-delà de cette spécificité qui donne son plein sens au fait que la célébration ait lieu ici et maintenant, c’est de notre  mémoire commune nationale dont Saint-Just est porteur que je vous entretiendrai quelques instants.
 
C’’est pour moi un grand honneur que de participer à cet hommage. Je mesure en effet la science historique de nombre des intervenants, en sachant très bien que, pour restituer un personnage dans sa nécessaire complexité rien ne remplace cette plongée dans les données objectives dont ils sont les spécialistes. C’est en respectant cette sorte de prééminence naturelle de l’historien et en ne tentant pas de l’imiter en plus mal mais plutôt en me situant à côté, que je vous propose le regard un peu atypique qui est le mien. C’est celui d’une républicaine militante qui a eu la chance de pouvoir défendre quoique de façon différente ces mêmes convictions républicaines dans toute sa vie professionnelle, d’abord comme professeur de philosophie, ensuite comme membre du Conseil d’Etat et pour finir par l’exercice d’un mandat politique national, toutes phases qui m’ont mise en lien avec l’interrogation républicaine et dont je garde le souvenir le plus heureux. Voilà ce qui nourrit mon propos de ce jour.
 

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