Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

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Positions

Mon regard sur l’actualité – Plongée dans le réel

Mardi 4 Avril 2017



« La France séduit les investisseurs » est le gros titre d’Aujourd’hui en France. Quoique datée du samedi 1er avril, cette nouvelle n’a rien d’une plaisanterie. Jamais depuis dix ans, y est-il expliqué, la France n’a autant attiré les capitaux étrangers. Les investissements directs des étrangers en France sont passés de 25,7 milliards en 2008 à 40,7 milliards en 2016. Les salariés Français sont regardés par le président d’un grand groupe Chinois (Chemchina) comme « uniques, créatifs et innovants ». Ce dirigeant ajoute que « la France devrait être un phare pas seulement européen mais mondial » par ses qualités dans la recherche et le développement. 

Le même journal, dans une chronique « Sur la route de la France qui gagne » met l’accent sur les capacités exportatrices de l’Occitanie, y compris dans les zones rurales « où la tradition s’exporte ». Tout cela conduit à méditer pour l’avenir.

D’un côté nous avons la chance de vivre dans un pays qui a d’immenses atouts qu’il ferait mieux de reconnaitre lui-même au lieu de se vouer à l’autodénigrement. D’un autre côté les inégalités territoriales ne peuvent pas être niées. Ainsi notre Région et notamment la Picardie reste encore la plus pauvre de la France métropolitaine. Cela veut-il dire qu’elle n’a pas de possibilités de développement ? Ne croyons pas cela et sachons reconnaitre nos talents et nos capacités : cette semaine encore l’alliance de quatre entreprises innovantes dans le bâtiment, qui sera présentée au parc Gouraud. Il y a aussi les innovations du terroir : je m’étais livrée il y a quelques mois à une tournée concernant les produits d’exportation -vers la Chine justement- liés à notre identité territoriale. J’ai pu indiquer à mes interlocuteurs quelques produits que notre département pourrait développer. Ce n’est là qu’un exemple d’une démarche qui devrait bien entendu être beaucoup plus large.  Nous n’avons pas encore tiré un parti suffisant de nos savoir-faire et des qualités de notre territoire. C’est pourquoi je regarde avec un intérêt particulier le développement de projets touristiques qui peu à peu devraient porter vers le haut les capacités de notre territoire en ce domaine. Je sais de nombreux acteurs locaux engagés dans cette voie, que ce soit dans le Soissonnais, le Chaunois et le Ternois. C’est une piste très intéressante qui mérite d’être soutenue. Je pense en outre que le tourisme fluvial serait une grande chance pour les communes proches des rivages de l’Aisne : cette forme de tourisme permettrait de découvrir nombre de paysages (canaux, marais, vallées, forêts) mais outre les monuments uniques tels Saint-Jean des Vignes ou Coucy-le-Château, des sites ou monuments peu connus dont abondent les environs de Vic-sur-Aisne, de Folembray, de Chauny. 
 
La lecture de la presse n’est pas toujours aussi réjouissante. Le grand titre de l’Union sur « La détresse des personnes âgées » avec un personnel surchargé et des formes de maltraitance, est terrible pour un pays développé comme le nôtre. Une chose est certaine : l’encadrement et les soins des seniors coûtent cher. A l’heure du haro sur la dépense publique dans les programmes de nombreux candidats, il faut encore une fois bien comprendre que celle-ci est souvent nécessaire à la gestion digne de situations comme la vieillesse devant qui les Français sont bien inégaux. Il est insupportable d’accepter que les inégalités sociales s’ajoutent à l’inégalité devant la maladie ou le vieillissement. Cela ne demande pas des assurances superficielles mais des engagements fondamentaux allant de la diversité des solutions tels les logements adaptés au vieillissement comme ceux qui ont été récemment inaugurés à Sinceny, aux soins les plus constants ou les plus lourds dans des structures particulières. Cette question ne doit pas être traitée avec légèreté, surtout dans un département comme le nôtre où se concentrent particulièrement les inégalités devant la maladie et plus largement la fin de vie avec le cortège de problèmes qui lui sont liés.
 
Contrastes donc : notre territoire, on le voit, n’en est pas exsangue  mais, il faut en être conscient, il est plus fragile que d’autres avec une économie qui peine à se redresser et des situations sociales préoccupantes. Ce n’est donc le moment ni de s’abandonner au pessimisme ni de se refuser à regarder le réel les yeux en face, armés que nous devons être de la volonté de redresser, de construire et d’aller de l’avant.






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