Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne
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Dans les médias

L'Union : Jeunes, politiques, militaires… que pensent-ils d’un retour du service national ?

Mercredi 21 Février 2018


Emmanuel Macron souhaite instaurer un « service national universel » pour tous les jeunes. Comment civils et militaires de nos territoires appréhendent-ils le retour d’une certaine forme de conscription ?


Emmanuel Macron entend-il mettre la jeunesse aux pas ? Un peu de cela. Mais pas que… Déjà, ce n’est pas une surprise. Une ébauche de service national figurait dans son programme de candidat à la Présidence de la République.
Depuis son arrivée à l’Élysée, l’évocation du sujet a entraîné une certaine cacophonie quant à sa durée, et à son côté obligatoire, au sein de sa majorité.
La semaine dernière, le Président de la République a stoppé net les élucubrations : ce service national universel (SNU), sera obligatoire pour tous, d’une durée trois à six mois, en plusieurs volets, « militaire », et en même temps, « civique »… Alors, comment le monde associatif, civil, militaire, politique, et les jeunes, abordent ce retour du service national selon son domaine de compétences ?

1. Monde associatif
« Le principe du SNU est intéressant », concède Mario Rossi, vice-président du conseil départemental de la Marne en charge de l’insertion et impliqué dans le monde associatif depuis longtemps. « Après il faudra trouver les associations qui acceptent de s’engager pour former ces jeunes afin que l’expérience ait du sens, même si la durée semble un peu limitée… ». Et puis, Mario Rossi, s’interroge sur un « possible effet pervers. Le jeune estime avoir fait son devoir pendant trois mois et se dit, c’est bon, c’est fini. Ce qui, à terme, pourrait assécher le bénévolat ».
Enfin, « le côté obligatoire me gêne. Cela doit correspondre à une volonté. Au final, j’ai peur que ce rêve soit compliqué à réaliser ».
2. Société civile
« Macron a sans doute raison car les jeunes ont une vision déconnectée de la société », relève Patrick Tassin, président du CESER Grand Est. « Auparavant, le service militaire, moment Républicain, coupait de son environnement, pour s’émanciper, vivre en collectivité… Résintaurer ce temps pour s’occuper d’autre chose que soi, avoir un regard sur la société, le monde dans lequel on vit, ce n’est pas mal ».
Le volet militaire, « permettrait de réduire la défiance vis-à-vis de l’ordre public ». Quant à l’action civique, « immerger la jeunesse dans le milieu éducatif, santé ou social, ne peut être négatif », avance le syndicaliste (CGT). Au final, « l’idée n’est pas absurde pour recoller les morceaux entre jeunesse et société ».
3. Militaires
Le Général Étienne Copel, ancien commandant de la Base aérienne 112 de Reims, se montre enthousiaste à l’idée d’un important volet militaire. Non par nostalgie de l’époque des «appelés». Tout simplement pour la sécurité de notre pays. « Le besoin de défense existe. L’absence de réservistes en nombre serait dramatique en cas de crise terroriste grave qui impliquerait de garder nombre de zones névralgiques. Or, sans service militaire, pas de possibilité de rappeler beaucoup de personnels ayant un minimum d’instruction militaire ».
Et puis, le militaire en retraite voit une autre retombée positive au SNU : « le vivre ensemble, l’unité de la Nation. Être rappelé ensuite pour servir à nouveau le pays en cas de catastrophe, cela ne donne pas l’impression de perdre son temps » lance-t-il d’un enthousiasme tout militaire.
4. Politique
Après les attentats de Paris, fin 2015, alors députée (Aisne), Marie-Françoise Bechtel avait écrit à François Hollande afin qu’il réinstaure un service national obligatoire face à la menace terroriste. Elle accueille donc les desseins d’Emmanuel Macron avec satisfaction. « Le service national répond aux exigences qui sont au cœur du défi que doit relever la France : la sécurité et l’intégration ».
Pour le volet sécurité, l’ancienne députée applaudit des deux mains. « Il faut une part d’apprentissage à la Défense nationale, de sensibilisation à la sécurité ». Et puis, « la sécurité de la Nation ne peut être assurée que par l’intégration. Que les gens se rencontrent au lieu de rester chez eux » . D’ailleurs, Marie-Françoise Bechtel balaye les reproches des jeunes : « ce n’est pas une punition supplémentaire qui leur est imposée, juste la traduction de l’idée du service à la collectivité, du bien commun. Vous sacrifiez une part de votre vie au service de la Nation ! »
5. Jeunes
« Comme la FAGE (fédération des associations d’étudiants), nous nous opposons », prévient d’emblée Josué Masson, président d’Intercampus, qui regroupe des associations de Champagne-Ardenne. Et les arguments pleuvent : « Pourquoi une obligation ? En imposant, que ce soit militaire ou pas, on n’arrivera pas à impliquer. La mixité sociale ? C’est déjà le rôle de l’enseignement. L’unité de la Nation ? C’est celui de nos associations étudiantes. Une période de 3 à 6 mois ? Cela va encore retarder l’entrée dans la vie active alors que l’on demande déjà une formation plus longue ! Et puis le service civique marche déjà très bien en se basant sur le principe du volontariat. Proposons un volet militaire à ceux qui le souhaitent ! »
Et Josué Masson de conclure : « C’est à l’Éducation nationale de nous faire réfléchir, développer notre esprit critique, pour le vivre ensemble. Développons plutôt l’éducation pour tous que ce service national ! »







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