Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

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Vendredi 24 Novembre 2017


*     Les difficultés politiques de l’Allemagne : ce pays, dont la Constitution ne semble marcher que dans un équilibre permettant la coalition de deux grands partis avec appoint éventuel étaient-elles prévisibles ? Oui, sans doute si l’on tient compte de deux choses. Lorsque la loi fondamentale a été adoptée en 1949 c’était sans expérience véritable du jeu  de la démocratie car l’Allemagne n’avait comme expérience de cette dernière que les 15 ans de la République de Weimar qui séparent 1919, la fin d’un système impérial et la prise de pouvoir par le parti nazi. Le système est donc désarmé par le foisonnement des partis lié à l’insatisfaction croissante de la population contre la politique de Mme Merkel dont le parti n’a jamais fait un score historiquement aussi bas et surtout l’irruption de l’extrême-droite avec 92 sièges qui trouble définitivement le jeu ; de ce point de vue, l’Allemagne en dépit de son économie dominante et triomphante ne fait pas mieux que les autres pays d’Europe, rongés par le cancer du doute et du repli nationaliste. La France du moins a-t-elle pu s’en tirer grâce au jeu institutionnel par l’élection d’un Président gouvernant au suffrage universel. A méditer peut-être…
 

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Jeudi 23 Novembre 2017



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Mercredi 8 Novembre 2017


Le budget de l’Etat est en cours d’examen jusqu’au mois de décembre. Certains sujets font polémique publiquement comme la baisse des APL. Plus globalement, il y a beaucoup à y décrypter car un budget est ce qui reflète la réalité crue et nue des choix politiques. Avec la Loi de finances annuelle, on ne peut pas enrober de discours la sécheresse des chiffres ni dissimuler derrière les choix budgétaires les politiques réelles sous des politiques affichées. J’en prendrai ici un exemple.
La polémique entre le gouvernement et la majorité précédente sur la taxe « dividendes » (1) illustre une continuité dont le pays se serait bien passé. Les gouvernements successifs paient en effet le prix de décisions à courte vue, prises dans l’affolement et sans garantie juridique. On veut boucher un trou, on va donc chercher là où l’on peut. Pourquoi cette précipitation ? A cause de la sacro-sainte règle des 3% de déficit budgétaire que nos engagements européens (2) nous obligent à ne pas dépasser.
Tout cela pose un certain nombre de questions :

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Vendredi 27 Octobre 2017


Il y a quelque paradoxe au grand retour de la morale sur la scène publique : politique comme on l’a vu avec le paroxysme (espérons-le…) que fut l’affaire Fillon, mais aussi sociétal et culturel comme on le voit avec l’affaire Weinstein.

Pourquoi paradoxe ? Parce que, curieusement, les « affaires » comme on dit occupent et même envahissent le devant de la scène au moment où les Français disent aussi leur méfiance envers la politique. Tant que les Français faisaient confiance à la décision publique, pensaient que le pays était mené vers un cap, ils semblaient moins prêts à s’intéresser aux «affaires». Et de fait, à l’époque où l’Etat en France menait des politiques volontaristes, que ce soit sous le gaullisme ou sous le premier septennat de F. Mitterrand, les «affaires» passaient au second plan. Sous le gaullisme en particulier les écoutes téléphoniques allaient bon train sans contrôle et sans alerte dans la presse, avec une opinion peu réceptive y compris, sous Pompidou cette fois, avec l’affaire dite des plombiers du Canard Enchainé. Passons aussi sur quelques épisodes violents jamais élucidés, tels l’affaire de Broglie ou la mort de R Boulin, et rappelons-nous au passage cette République «des copains et des coquins» selon la formule d’un ministre de l’époque qui flétrissait l’entente entre pouvoirs publics et grands intérêts privés. 

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Lundi 16 Octobre 2017


Point besoin d’avoir une mémoire d’éléphant pour se remémorer les difficultés qui ont marqué les relations entre Etat et collectivités territoriales ces dernières années. Rituellement, depuis maintenant cinq ans, les élus locaux dénoncent les restrictions imposées par le budget de l’Etat au titre de leur participation à la réduction de la dépense publique. La levée de boucliers des Régions de France, qui ont quitté la Conférence nationale des territoires, celle des départements de France, demain peut-être de l’AMF, n’est donc pas vraiment neuve. Elle se charge plutôt de la rancœur politique de ceux qui ont été écartés du pouvoir alors qu’ils le pensaient à portée de main. Ainsi M Baroin, à la tête des communes de France se met volontiers aussi à la tête des frondeurs, après avoir offert ses services -entre autres- à François Fillon qui prévoyait une réduction de 100 mds d’euros de la dépense publique : on a peine à croire que les collectivités locales auraient été laissées à côté d’un pareil effort. Mais il y a plus : les dirigeants des grandes associations d’élus sont ceux-là même qui se rangent depuis de longues années du côté de l’effort budgétaire pur et dur, sans cadrage économique et sans perspectives de relance autre que par l’austérité. Ce modèle qui a fait ses preuves (négatives), on pourrait reprocher au gouvernement actuel de le suivre, comme l’ont fait à tort ces cinq dernières années les gouvernements de François Hollande. Comment peut-on être assez aveugle pour tenter de limiter les dépenses d’investissement des collectivités locales alors que l’on a besoin de consolider le début de reprise dans le BTP dont elles sont les principales commanditaires ? C’est le même raisonnement que pour la flexibilisation de l’emploi par les ordonnances que vient de prendre le gouvernement : donner de la souplesse pour développer l’emploi, au moment même où on renonce à investir dans le pays (et en Europe), se fiant sans aucune garantie à l’allégement de la fiscalité sur le capital.
 

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