Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

Positions


Mercredi 3 Mai 2017


Nul ne peut se satisfaire de voir que notre département est le premier département de France à avoir voté pour le Front National. Mais aucun républicain de bonne foi ne peut non plus rester dans la stupeur de la découverte d’une réalité qui se profilait depuis longtemps.

Pourquoi faut-il combattre le Front National ? Parce que, j’en suis convaincue, ce mouvement tout drapé de « gaullisme social » et d’attention électorale envers les « petits » n’est pas un parti comme les autres. L’extrême droite dont se réclame nombre de ses militants ou de ses responsables n’est pas seulement un « extrémisme ». Après tout, les révolutionnaires qui nous ont donné la liberté et la République ont pu aussi à certains moments de notre histoire être des extrémistes. Mais il y a un fossé entre prendre des mesures extrêmes exigées par une situation telle que l’ennemi à nos frontières en 1792 ou l’Occupation allemande sous la Seconde Guerre mondiale et jouer sur la symbolique d’une menace qui planerait sur notre identité, voire notre République. On mesure cette différence quand on voit que le peuple en armes qui a su défendre la patrie à des moments cruciaux de notre histoire brassait un nombre considérable d’étrangers à notre pays. Rappelons l’action héroïque du réseau Manouchian à la tête du MOI, (Mouvement des ouvriers immigrés) sous l’Occupation. N’oublions pas non plus le sacrifice de milliers de combattants sénégalais ou maghrébins auxquels nous venons de rendre hommage lors de la cérémonie du centenaire du Chemin des Dames.

Ne serait-ce que pour rappeler cette évidence je participerai à la marche soissonnaise de ce jeudi soir.

Il fallait commémorer l’offensive Nivelle. Il était difficile de le faire : entre les erreurs stratégiques, la profonde lassitude des Poilus, la durée d’une opération qui aurait dû être brève et victorieuse, a fini par se frayer une mémoire dont ce dimanche fut l’apogée.

Cette mémoire est d’abord due à l’effort de notre département, il ne faut point l’oublier, puisqu’elle a commencé sur cette terre inondée de sang par le fleurissement régulier des tombes et des lieux de combat sous l’impulsion de l’Union Nationale des Combattants. Oui, notre territoire s’est toujours souvenu ; il a su attendre patiemment, avec persévérance et détermination la gloire de la reconnaissance nationale.
 

L’activité économique repart comme le montre, depuis le début de l’année, la progression de l’intérim mais aussi celle de nombreux fournisseurs des entreprises de production, tels les fournisseurs de pièces mécaniques. C’est aussi la conclusion des 4 000 dirigeants des entreprises des Hauts de France qui ont fait l’objet de l’enquête annuelle de conjoncture faite par la CCI. Ce re-frémissement laisse un peu d’espoir mais pas au point de fermer les yeux sur l’essentiel : notre économie, pour repartir, a besoin d’investissement et nos salariés de formation.
Comment déclencher ces leviers ? Ce sera la grande question pour la France de l’après présidentielle.

Dans les médias


Jeudi 6 Avril 2017


L'Union confronte régulièrement les points de vue sur des sujets sociaux. Voici mes arguments pour la défense des 35 heures.


L'Union - Pour ou contre : les 35 heures sur la sellette
Les salariés ont envie de gagner davantage, ne faut-il pas repasser à 39 heures avec une augmentation proportionnelle de salaire, comme le suggère la candidate du FN ?
 
Mais la majorité des salariés travaillent déjà 39 heures ! Ce n’est pas la durée du travail qui nous distingue c’est sa rémunération : les 35 heures sont le seuil au-delà duquel les heures sont rémunérées comme heures supplémentaires. Il faut en rester là car la question du pouvoir d’achat est centrale.

 
Certains secteurs du service public, comme l’hôpital, ont du mal à appliquer les 35 heures faute de moyens. Comment améliorer leur situation sans creuser le déficit public ?
 
L’hôpital est un sujet très sérieux qui n’avait pas été correctement pris en compte à l’époque. Les personnels sont surchargés et ne prennent souvent pas tous leurs congés. Ils font des heures supplémentaires qui ne sont pas rémunérées. La situation est tendue comme une corde. On est arrivé au bout des économies de fonctionnement et il est indispensable de recruter. Ce n’est certainement pas là qu’il faut chercher des économies si l’on veut maintenir notre système de santé, un des plus performants au monde mais qui commence à souffrir.
 

« La France séduit les investisseurs » est le gros titre d’Aujourd’hui en France. Quoique datée du samedi 1er avril, cette nouvelle n’a rien d’une plaisanterie. Jamais depuis dix ans, y est-il expliqué, la France n’a autant attiré les capitaux étrangers. Les investissements directs des étrangers en France sont passés de 25,7 milliards en 2008 à 40,7 milliards en 2016. Les salariés Français sont regardés par le président d’un grand groupe Chinois (Chemchina) comme « uniques, créatifs et innovants ». Ce dirigeant ajoute que « la France devrait être un phare pas seulement européen mais mondial » par ses qualités dans la recherche et le développement. 

Le même journal, dans une chronique « Sur la route de la France qui gagne » met l’accent sur les capacités exportatrices de l’Occitanie, y compris dans les zones rurales « où la tradition s’exporte ». Tout cela conduit à méditer pour l’avenir.

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