Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

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Législatives 2017

Mon regard sur l’actualité - Premiers pressentiments

Jeudi 8 Juin 2017



Le gouvernement est au travail, les réformes annoncées commencent à se profiler. On sent un certain désordre sur les ordonnances « travail ». La seule chose certaine est que les projets vont dans le sens de la « flexibilité » du travail. Je tenais hier soir à Soissons une réunion publique avec deux économistes nationaux* qui montraient que la baisse du coût du travail ne pouvait être l’alpha et l’oméga d’une reconquête industrielle. La question posée est donc celle de l’ambition véritable du Président et du Gouvernement. Se priver d’une grande politique d’investissement public et privée, c’est se condamner, comme le quinquennat précédant, à une politique étriquée. La question des diktats bruxellois se pose aujourd’hui plus que jamais. Plus que jamais donc il faut garder les yeux ouverts.

En même temps, je m’amuse de voir Gérard Larcher, Président LR du Sénat, mettre en garde contre « le risque d’une colère dans la rue » qui, selon lui, « viendra vite » (Aujourd’hui en France de ce jour). Quel est au juste le Gérard Larcher qui parle ? L’ardent soutien de François Fillon avec son programme super austéritaire (réduction de 100 Milliards de la dépense publique, diminution de 500 000 fonctionnaires) ? Ou bien l’ancien ministre du Travail qui à l’époque voulait le dialogue social ? Mais comment alors articule-t-il son souhait d’une opposition qui serait incarnée par Les Républicains alors que ceux-ci sont déchirés par leur participation au gouvernement ? Et quelle serait d’ailleurs cette opposition ? On croit comprendre que ce ne serait pas celle du dialogue social mais plutôt de la ligne dure : on ne peut en attendre autre chose qu’un durcissement antisocial sans aucune perspective économique derrière.

En vérité, on voit bien aujourd’hui que Les Républicains ne sont pas en situation de fournir une opposition crédible. Ils ne sont même pas en état d’élire des députés vigilants car pour être vigilant, encore faut-il avoir une boussole.

La boussole républicaine a toujours été la mienne : celle qui veut l’intérêt général par le redressement économique dans la justice sociale, par la souveraineté populaire reconstituée, base d’une Europe refaite dans le sens des coopérations entre les peuples.
 
 

 
*Franck Dedieu, ancien rédacteur en chef-adjoint à l’Expansion, professeur à l’IPAG (Chair « Made in France » et Véronique Riches-Flores, économiste, CEO de Riches-Flores Consultring