Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne
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Positions

Le billet - Et maintenant ?

Mardi 9 Mai 2017



Il est trop tôt pour se prononcer sur les grands choix qu’Emmanuel Macron offrira aux Français. Un projet et des propositions ont certes été en débat pendant la présidentielle. Ces derniers ne m’ont pas semblé marqués par une modernité éblouissante ni surtout par un esprit de rassemblement suffisant. Seul un projet qui parle à une majorité de Français en lui proposant un avenir de nature à les mobiliser pourrait faire oublier que l’élection d’Emmanuel Macron n’a rencontré l’adhésion positive que d’un Français sur trois.

Le Président saura-t-il le comprendre ? Saura-t-il tirer les leçons de l’échec de Jacques Chirac en 2002 à créer un élan collectif ? C’est la vraie question qui se pose aujourd’hui : avec 11 millions de voix pour Marine Le Pen, l’heure n’est plus aux arrangements que les électeurs du Front national regarderont comme le pur et simple maintien du « système ».

Certes, les grands partis sont à la recherche d’une légitimité nouvelle soit en jouant le jeu classique de l’opposition dans une cohabitation, soit en se ralliant à une majorité qui suscite comme on pouvait s’y attendre de nombreux appétits. Quant aux deux autres formations dont l’élection a confirmé l’importance, le Front National et la France Insoumise, leur posture semble claire : c’est l’opposition de principe au programme présidentiel.

Pour ma part, je ne suis pas choquée de voir le Président se libérer de l’emprise des partis. Exerçant moi-même un mandat politique en dehors des partis traditionnels et n’ayant d’ailleurs jamais adhéré à aucun d’entre eux, je sais à mon niveau combien c’est là une position qui permet de mieux regarder les réalités en face.

Un programme, une majorité ? Ce sont bien les deux défis qui attendent le Président de la République. Les républicains de bonne foi dont je suis regarderont avec la plus grande attention comment l’un et l’autre seront constitués. Mais si je suis une républicaine de bonne foi, je suis aussi une progressiste. Je pense que le redressement économique du pays est la première condition pour que soit reconstitué l’ascenseur social mais cela ne veut pas dire que ce redressement de l’économie repose sur les recettes traditionnelles du tout marché et moins encore de l’économie financière. Ici se pose nécessairement la question de nos engagements européens. Un Président qui voudra permettre l’investissement, y compris pour l’avenir (éducation, recherche, formation), ne pourra que se heurter au Traité d’austérité. Je note que, encore candidat, Emmanuel Macron* soulignait que « l’erreur » de François Hollande était d’avoir « appliqué le Traité budgétaire qu’il avait dit vouloir renégocier ». Il estimait que le débat aurait dû être rouvert et que c’était une deuxième erreur que de ne l’avoir pas fait.

C’est avec la plus grande attention que je regarderai si le Président donne une traduction réelle à cette position.

Nous verrons surtout dans quelques jours à quel gouvernement Emmanuel Macron va faire appel et, finalement, pour quelle politique. Les Français auront en tout état de cause besoin d’un espoir qui ne soit pas fallacieux. Ils en ont d’autant plus besoin dans un territoire comme le nôtre qui a donné une majorité au Front National et non à Emmanuel Macron.

Attentive aux grandes décisions qui vont être prises dans les jours qui viennent, je me prépare dans tous les cas de figure à une campagne résolument républicaine. Elle se résume à deux tâches, éviter que le Front National ne représente notre territoire à l’Assemblée, agir pour ce mot trop oublié : le progrès…
 
* Interview au Parisien le vendredi 5 mai 2017






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