Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

Envoyer à un ami
Version imprimable

Positions

Le billet - Contrastes

Lundi 15 Mai 2017



Je parlais la semaine dernière d’une situation confuse : nous étions tous en attente de l’installation du nouveau Président et de la nomination de son Premier ministre.

Aujourd’hui, dès avant la constitution du gouvernement, la situation s’éclaircit-elle ? Je parlerais plutôt d’une situation contrastée. D’un côté le discours d’installation du Président de la République était de bonne tenue et bon aloi. Le Président a su bien parler de la France, de son rôle historique, des raisons qui font qu’elle est attendue dans le monde et de la place qu’il entend lui restituer. Ce sentiment profond de notre histoire m’a semblé en lui-même de bon augure.  Il  contraste pourtant  avec la décision de se rendre à Berlin à peine l’investiture achevée. Pourquoi le Président élu n’a-t-il pas plutôt choisi de convier à Paris quelques grands chefs de gouvernement de l’Union européenne ? Cette rencontre aurait donné un signal de « retour de la France », de recherche d’un dialogue posé mais ferme et non pas de cette sorte de soumission vis-à-vis de Madame Merkel qui aura tant nui au quinquennat précédent.

Ce contraste entre innovation affichée et continuité assumée est encore accentué par la nomination d’un chef de gouvernement issu de l’aile juppéiste des Républicains. Sans vouloir préjuger d’une action qui ne nous est pas encore connue, les motifs d’alarme ne manquent pas. Le courant juppéiste des Républicains était certes plus modéré dans le programme d’austérité que les extravagantes propositions de Monsieur Fillon. Il n’en représente pas moins une école de pensée que je considère comme totalement conservatrice, attachée à des recettes du passé : la potion libérale ne sauvera pas notre économie, or tout dépend de cela.

Certains ne demanderont qu’à s’y laisser tromper. Je n’en suis pas. Même si j’ai toujours considéré que seul l’intérêt général devait l’emporter, je laisse à d’autres le choix des œillères. Je regarderai les premières mesures gouvernementales qui ne vont plus tarder, avec bonne foi mais sans me laisser tromper par des signaux de fumée. Si continuité il doit y avoir entre la politique social libérale qui nous a menés dans le mur et une politique qui ne s’en écarte pas, mais la renforcerait plutôt, doit-on vraiment appeler cela le changement ? La constitution du gouvernement, probablement marquée par la diversité aura tout de même du mal à faire oublier ce premier signal d’une continuité qui change la forme mais non le fond. Mais n'insultons pas l'avenir et attendons les premières annonces. Le tout est de ne pas y mettre une excessive naïveté.






Inscrivez-vous à ma lettre d'information



Partagez mon site

Facebook
Twitter
Rss







@MFBechtel
MF Bechtel : Parmi tous les défis qui attendent Emmanuel Macron, celui de faire vivre les institutions n’est pas le moindre https://t.co/oDWj8qRXdX
MF Bechtel : "Je souhaite que notre territoire ne soit pas l'oublié de cette République qui me tient au corps" #Circo0204
MF Bechtel : "Je souhaite poursuivre pour la reconstruction économique de notre territoire" #Circo0204