Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

Je m’étonne que, dans le cadre de la campagne présidentielle montante, la « manif pour tous » vienne encore battre le pavé et solliciter les candidats pour une prise de position contre la réforme dite « du mariage pour tous ». Pour ma part je n’avais pas voté cette loi. Par mon abstention, je m’étais tenue à distance à la fois des déferlements de hargne et parfois de sottise venant des mouvements d’opposition et de la glorification à la fois naïve et imprudente d’une partie de la gauche quant à une réforme à vrai dire assez mal pensée*.
Je le redis aujourd’hui : ce n’est pas une raison pour considérer, que l’on soit pour ou contre, que cette réforme sociétale est d’une importance cardinale pour notre avenir.

A l’heure où les attentats ont créé un effet de « sidération » décrit par Jean-Pierre Chevènement comme un problème venant de loin et qui pose la question de l’intégration**, à l’heure où jamais la question du décollage économique de notre pays, de l’emploi, de la reconstitution de l’ascenseur social n’a été aussi cruciale, faut-il vraiment inventer une énième guerre civile entre partisans ou adversaires des réformes sociétales ?

Aligner la retraite du public sur celle du privé : la Cour des comptes vient, dans un rapport, de mettre les points sur les i. La Cour souligne tout d’abord que l’âge moyen de départ des fonctionnaires n’est plus inférieur à ceux du salarié du privé (autour de 62,5 ans dans le public contre 62,3 pour le privé). Par ailleurs, aligner le calcul de la retraite qui aujourd’hui se fait sur des bases différentes (sur les 25 meilleures années pour le privé et les 6 derniers mois pour le public) conduirait à appliquer les mêmes taux de cotisation pour le public et le privé alors que ceux-ci sont beaucoup plus élevés dans le public. Certes cela se traduirait par une économie de l’Etat employeur mais les retraites à payer seraient toujours aussi coûteuses. Quant à appliquer ces nouvelles règles uniquement aux nouveaux fonctionnaires comme le propose Alain Juppé, cela donnerait une réforme à très long terme puisque les économies pour les finances publiques n’atteindraient leur plein régime que dans 70 ans. Ce rapport montre que les idées faciles qui trouvent un écho –compréhensible- auprès de nos concitoyens ne sont pas forcément les meilleures.

Depuis que je suis élue, j’ai pu mesurer l’importance de la dimension internationale pour le développement de notre territoire.
 
Il y a tout d’abord la dépendance de certaines de nos industries par rapport à des groupes plurinationaux. Nous l’avons bien vu à l’occasion de la fermeture de Baxi : propriété du groupe BDR dont la direction se trouve aux Pays-Bas, ce groupe n’a pas entendu les besoins du Soissonnais et a préféré transférer son activité rentable (Chappée) sur une autre partie du territoire français, à Mertzwiller. On le voit encore avec Beautor, propriété cette fois d’un groupe russe, dont les dirigeants européens n’écoutent que les besoins  à court terme d’un marché (coating automobile) qui pour l’instant est en régression. Tout cela montre bien combien la France a perdu avec la disparition d’une véritable DATAR* qui était la tour de contrôle de la localisation des investissements étrangers, bras armé de l’Etat auquel les élus pouvaient faire appel pour une juste répartition de ceux-ci.

Positions


Mercredi 28 Septembre 2016


Avec des chiffres du chômage peu engageants, notre territoire peut concevoir des inquiétudes. Sa situation n’est pas consolidée. L’emploi dans les services et l’industrie ne repart pas malgré un frémissement dans l’intérim.
Dans le domaine de l’agriculture, la récolte de blé et de betterave est inférieure de 40 à 60% par rapport aux cinq dernières années. Cette crise du rendement, qui arrive au moment où les prix mondiaux baissent, vient se conjuguer à la crise de l’élevage. Certes, cette dernière est de nature très différente. Mais elles ont tout de même un point commun qui est l’absence de régulation d’un marché de plus en plus mondialisé qui conduit le secteur céréalier à dépendre de prix volatiles et le secteur laitier d’une absence totale de maitrise des volumes de production depuis la fin des quotas.
 

Positions


Lundi 19 Septembre 2016


Le billet - Notre Patrimoine, du passé à l’avenir
Ces deux journées l’ont montré : nous avons toutes les raisons d’être fiers de notre patrimoine axonais.
 
Comme beaucoup des habitants de ma circonscription, j’ai eu l’embarras du choix. Embarras est bien le mot car il fallait sélectionner certains lieux sur la centaine de communes que compte la circonscription, forcément au détriment d’autres lieux qui ne manquaient pas d’intérêt.
 
 
 
Du Sud au Nord j’ai passé d’excellents moments. A Berzy-le-Sec j’ai beaucoup appris auprès de l’association de sauvegarde du patrimoine de l’Aisne méridionale (ASPAM) qui depuis des années maintenant intervient sur la réfection du château. J’ai pu non seulement assister au travail tout en précision de confection des vitraux mais aussi au moulage des carreaux ainsi qu’à la taille de pierre.

Positions


Lundi 12 Septembre 2016


D’abord une mauvaise nouvelle. Selon les derniers chiffres de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, notre département détient le triste record en ce domaine. En lisant le titre « un fossé entre Paris et l’Aisne » dans un quotidien national qui explique que les difficultés de lecture sont les plus faibles à Paris (4,6%) et les plus fortes dans l’Aisne (16,7%), j’ai été saisie d’un sentiment de colère. Colère parce que notre département à 100 km à peine d’une des capitales les plus riches d’Europe, souffre, comme d’ailleurs dans d’autres domaines, d’un retard de développement humain qui est inacceptable. Colère aussi parce que cette situation n’est pas prise à bras le corps par les pouvoirs publics, en tout cas, pas de la bonne manière. Je vois bien que des efforts sont faits ici ou là : ainsi les effectifs dans les écoles axonaises sont en recul, permettant un encadrement relativement meilleur.

Positions


Mardi 6 Septembre 2016


L’été 2016 restera dans les annales à la fois comme un « été meurtrier » avec les attentats qui blesseront pour longtemps notre mémoire, et un été agité avec les soubresauts désordonnés d’une classe politique atteinte par la fièvre pré-présidentielle.

Je  le disais en juillet, je le redis aujourd’hui : ce n’est pas par des surenchères irréfléchies que nous pourrons nous attaquer à la racine du mal. L’exécutif a, pour l’essentiel, pris les mesures qui s’imposaient et le ministre de l’Intérieur a su tout l’été durant manifester une présence calme et déterminée qui est plutôt rassurante.

Quel est le  problème principal en cette rentrée ? Tous les spécialistes s’accordent là-dessus : les reculs de Daesh en Syrie puis tout récemment en Turquie vont renvoyer vers les pays d’Europe, et particulièrement vers la France, bon nombre de ceux qui étaient partis pour faire le Djihad. La question du traitement de ces retours se pose donc sérieusement. Je remarque que notre arsenal législatif est aujourd’hui suffisant pour les interpeller à leur retour et les inculper. Aujourd’hui le seul fait de s’être trouvé sur certaines zones vouées au combat terroriste est devenu un délit voire un crime du fait des lois que nous avons votées depuis 2012 et du fait des choix opérés par le procureur de Paris, responsable au niveau national de la politique anti-terroriste.

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