Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

Positions


Mardi 3 Janvier 2017


Mes vœux pour 2017
A tous, votre députée souhaite les plus grandes joies personnelles, familiales, professionnelles… Si difficile que s’annonce l’année 2017, nous ne renoncerons pas à ces joies, petites et grandes qui font la valeur de la vie. Nous y renoncerons d’autant moins que nous vivons dans un pays qui, malgré tout, est préservé des guerres avec leurs cortèges de réfugiés, leurs foyers de déstabilisation, que les populations paient au prix lourd. Nous sommes légitimement attachés à notre civilisation et à ses valeurs mais nous voyons bien que pour nous assurer qu’elles persisteront dans l’avenir, il faut garder les yeux ouverts. Garder les yeux ouverts, c’est ne pas nier les risques qui pèsent sur notre pays : attentats malheureusement toujours possibles, mais aussi incertitudes économiques, difficultés sociales, relégation de zones et de quartiers qui entraîne colère, ressentiment, aveuglement parfois…
 
Dans le monde tumultueux de ce premier quart de XXIème siècle, 2017 doit ainsi être l’année de la lucidité. Elle doit être aussi l’année de l’action. Les échéances électorales à venir : présidentielle en avril, législatives en juin, doivent être l’occasion, dans notre territoire comme dans tout le pays, d’engager la bataille de l’avenir. Le premier défi est, je l’ai souvent dit, celui du redressement économique, sans lequel nous ne retrouverons pas l’ascenseur social, ni la dignité par le travail. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de soutenir le combat d’Arnaud Montebourg. C’est le seul candidat à gauche qui ait une vision de ce redressement économique, lequel ne pourra intervenir sans une remise en cause décisive de certains de nos engagements européens : libérer les investissements, en finir avec l’austérité et remettre par là l’emploi au cœur de notre avenir commun.
 
Je n’ai jamais caché la liberté de mes engagements. Dans les mois qui viennent je dirai et redirai la nécessité de la relance économique, c’est à dire du retour à la prospérité. Lui seul permettra de sortir des ressentiments, de la rancœur populaire que l’on nomme sans toujours bien y réfléchir « populisme », et de nous rendre à tous la fierté de ce que nous sommes.

Nous chercherons tous en ces fêtes de fin d’année, au-delà de nos joies ou soucis personnels, à oublier les difficultés du monde.  Comment oublier que nous vivons dans un monde instable, voire menaçant ? Nous avons perdu l’innocence depuis que les attentats terroristes nous rappellent, de manière affreusement répétitive et en même temps imprévisible, que nous restons exposés.

« Nous », qu’est-ce à dire ? « Nous » Français de toutes origines, de toutes confessions ou sans confession, également menacés dans notre vie collective, parfois à travers nos valeurs même. « Nous », population d’un Moyen Orient éclaté, meurtri, déchiré par les haines qui s’éloignent de plus en plus d’une stabilité que la politique des puissances n’a pas permis de préserver depuis maintenant plusieurs décennies. Et « nous » enfin, peuples du monde entier pour la plupart en proie à la même menace. Hubert Vedrine le rappelait récemment : la menace en réalité n’est globalement pas plus élevée aujourd’hui qu’il y a 10, 15 ou même 20 ans. Les attentats font le plus grand nombre de victimes chez les populations du Moyen Orient et, rappelait-il, il faut à cet égard éviter le nombrilisme car contrairement aux apparences les Français et les Européens ne sont pas en première ligne dans les attaques terroristes qui, selon lui, risquent de durer encore assez longtemps.

C’est le moins que l’on puisse dire. Le renoncement du Président de la République, le départ et la candidature du Premier ministre, son remplacement à Matignon, l’accélération du rythme des primaires à gauche, la stabilisation apparente à droite, tout cela offre-t-il vraiment des perspectives nouvelles au pays ?

En apparence, le changement crée toujours une forme d’attente, voire des espoirs. Qu’en est-il dans la réalité ? Le désordre à gauche n’est pas fini ; on peut même dire que la candidature de Manuel Valls redouble l’offre politique d’Emmanuel Macron, au-delà des différences de style. La différence est que l’une s’inscrit dans le cadre des partis et l’autre en dehors. Leurs challengers sont toujours là et ils demeureront probablement jusqu’à fin janvier (primaires de la gauche). Le clivage entre la gauche sociale libérale ou le centrisme façon Macron -qui revient à peu près au même-, la gauche européiste et sociétale façon Hamon ou la gauche républicaine et volontariste de Montebourg n’a probablement pas vocation à s’estomper, bien au contraire. Enfin, l’ « insoumission » défendue par Mélenchon et soutenue plus ou moins du bout des lèvres par le Parti communiste, s’ajoute à l’offre d’un Parti socialiste fracturé. Cet éclatement ouvre certainement une perspective historique pour la reconstruction à terme d’un mouvement progressiste dans notre pays car la position des électeurs clarifiera tout de même les rapports de force. A l’inverse, elle ne permet pas dans l’immédiat d’espérer une victoire d’une de ces gauches à l’élection présidentielle.

François Hollande fait une sortie qui appelle le respect. Son refus de poser la question de l'Europe aura été à l'origine de son échec majeur, celui de la réduction du chômage. Ce renoncement apparu dès son adhésion au traité d'austérité (TSCG) fut l'erreur fondatrice de son quinquennat. Il lui a lié les mains dans la conduite d'une politique économique et donc sociale dynamique.
 
Ce renoncement vis-à-vis des exigences de Mme Merkel contraste curieusement avec le volontarisme  qu'il a su montrer pour relever le défi sécuritaire posé par le terrorisme.
 
Son quinquennat aura dessiné en creux le besoin qui est le nôtre d'un homme d'Etat capable de vouloir le redressement de la France par le rassemblement et non la division avec une vision de l'avenir de notre pays inséparable d'une Europe à reconstruire.
 
 

De la primaire…
Je tire du premier tour de la primaire de la droite et du centre qui s’est déroulé hier au moins une conclusion. C’est que l’intérêt de nos compatriotes pour la chose politique est réelle, vivante, pour ne pas dire frémissante, en contraste avec l’indifférence, voire le rejet du corps politique qu’on leur attribue souvent. Il me semble que les Français -fût-ce une fraction d’entre eux- demandent qu’on leur parle de politique. Ainsi s’interprète sans doute le résultat de ce premier tour, opposant finalement deux duellistes qui se parlaient l’un à l’autre et par ailleurs un candidat quant à lui s’adressait directement à l’électorat.

Positions


Mercredi 9 Novembre 2016


Il faudra que les excès de la mondialisation aient été bien loin pour qu’un peuple aussi peu porté à la radicalité que le peuple américain ait envoyé promener ses élites, se servant de Donald Trump comme le déversoir d’un désarroi et d’une colère que leurs gouvernants n’avaient su pressentir et encore moins prévenir.
 
Pourtant tout le monde le voit aujourd’hui, la mondialisation guidée par l’avidité toujours plus grande de la finance a conduit à de profonds déséquilibres,  recréant une économie de la rente qui a bénéficié aux classes moyennes des pays émergents et appauvri largement les classes populaires des pays développés en creusant des inégalités de plus en plus insupportables.

Calais : une action responsable et qu’il faut saluer

A l’heure où l’Aisne accueille une centaine des 6000 migrants de Calais*, J’ai souligné ce matin lors de l’examen du budget « Asile, immigration, intégration » du ministère de l’Intérieur le mérite de cette opération de démantèlement de la « jungle ». Aucun Etat digne de ce nom ne peut laisser subsister une telle situation, avec les désordres créés par ce qui a été longtemps un ensemble de campements dans la boue, infiltré par les passeurs et ne garantissant ni la sécurité des réfugiés s’y entassant, ni celle des riverains, légitimement exaspérés par cet état de fait.

La « jungle » est une longue histoire qui a débuté il y a près de 20 ans, créant un cul de sac à la fois géographique, social et même juridique puisque le déplacement de la frontière britannique à Calais par les accords du Touquet en 2003 n’a en rien réglé le problème, bien au contraire. En prenant à bras le corps l’évacuation et le relogement dans des conditions à la fois fermes et dignes des occupants de la « jungle », le gouvernement s’est honoré d’autant que la conduite de l’opération, qui n’est pas terminée, est extrêmement difficile. La seule solution possible était celle qui a été retenue : répartition des migrants dans des centres d’accueil disséminés sur l’ensemble du territoire et en même temps, négociation avec les autorités britanniques pour que le Royaume Uni accueille -enfin- les mineurs isolés : 200 l’ont été à ce jour.

Je m’étonne donc du comportement peu responsable et peu honorable de certains élus locaux ainsi que d’un président de Région, Laurent Wauquiez, qui refusent l’accueil de quelques poignées de réfugiés. Ils manifestent par là une véritable absence de sens moral. Ces responsables auraient-ils oublié que l’accueil des populations déplacées du fait des guerres est une tradition dont notre propre population, notamment pendant la Grande guerre, a elle-même bénéficié ? Et comptent-ils pour rien le fait que les guerres qui ont déplacé des vagues de Syriens, Libyens, Irakiens et Afghans trouvent leur source dans les politiques désastreuses menées par les pays occidentaux, d’abord les Etats-Unis avec G. Bush puis hélas par la France en Libye et en Syrie, politiques qu’ils ont eux-mêmes approuvées** ?

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