Marie-Françoise Bechtel, Députée de la 4e circonscription de l'Aisne

Ce début 2017 voit la mise en place des nouvelles intercommunalités voulues par la loi NOTRe. C’est un démarrage abrupt pour nombre d’entre elles, soit parce qu’elles changent de nature comme la CCCT (Communauté de communes de Chauny Tergnier) qui devient une communauté d’agglomération en rejoignant La Fère, soit en raison de regroupements qui n’allaient pas de soi comme c’est le cas de l’intercommunalité Picardie des Châteaux. La communauté d’agglomération du Soissonnais quant à elle ne change pas de périmètre mais comme de nombreux EPCI, elle se trouve confrontée à la mise en place des nouvelles compétences : développement économique, promotion du tourisme, accueil des gens du voyage, gestions des milieux aquatiques, eau, assainissement et collecte des déchets, pour ce qui est des compétences obligatoires.

C’est pour nous tous une bonne nouvelle : les chiffres présentés tout récemment par le préfet de l’Aisne en matière de sécurité sont globalement rassurants. Avec une baisse de 6,5 % des crimes et délits dans le département, moins d’atteintes à l’intégrité physique des personnes (- 4,9 %) et une réduction du trafic de stupéfiant (23 trafics démantelés en 2016), la sécurité a progressé dans notre département. Je relève qu’avec 2 500 cambriolages en moins (-5,5%), c’est la 3ème année consécutive qu‘il y a une baisse des cambriolages chez les particuliers même s’il est à noter que les cambriolages de locaux d’entreprises sont au contraire en augmentation, sans doute en raison d’un relâchement au niveau de la sécurité.  Le point noir reste la sécurité routière qui, malgré une baisse des accidents (-6,5%), est marquée par 35 morts, même chiffre hélas que l’année précédente. Je note que la zone du Soissonnais reste la plus sensible pour la sécurité routière : ceux qui comme moi sillonnent régulièrement cette zone, et notamment la D1, sont aux premières loges pour s’en rendre compte.

Globalement les efforts faits en matière de sécurité sont donc payants. Il faut pour cela rendre hommage d’abord au ministère de l’Intérieur : avec les 10 000 emplois créés dans la police et la gendarmerie depuis le début du quinquennat, la situation s’est manifestement améliorée. Ainsi par exemple la BAC est de retour à Soissons comme je l’avais confirmé récemment ; elle viendra en complétement du travail fait par le groupe de sécurité de proximité (GSP) qui en avait repris les missions mais avec moins d’effectifs. Le préfet de l’Aisne et le directeur départemental de la sécurité publique se sont aussi félicités de la mobilisation des acteurs locaux dans les domaines les plus différents : voisins vigilants, vidéosurveillance et une mention particulière pour la mobilisation des réservistes dans l’Aisne : la police en emploie 19 et la gendarmerie 200.

Le premier tour des primaires de la gauche me conduit à quelques premiers constats :

- L’état de délabrement dans lequel se trouve le Parti Socialiste entre une gauche de gouvernement qui n’a pas su rassembler et une gauche traditionnelle qui piétine sans avancer.
 
- Arnaud Montebourg a commis l’erreur de ne pas trancher entre la voie originale de reconstruction économique qu’il proposait et la synthèse des gauches sociale, sociétale, européiste, représentées par ses concurrents.
 
- Personne dans cette primaire n’a vraiment parlé aux Français et cela montre bien les limites de l’exercice : les primaires, fausse fenêtre de la démocratie ?
 

Les échecs du quinquennat ont égaré nombre d'électeurs qui, désemparés, ont voulu envoyer un message de protestation contre l'abandon des fondamentaux de la gauche.

Si je comprends ce désarroi, je ne puis partager les conclusions qu'en ont tiré ces électeurs. Je n'acquiesce pas au projet de société de Benoît Hamon qui sous couleur de modernité n'est autre chose que la vieille recette du pansement social sur fond d'appel démagogique aux écologistes, sans aucune vision de l'avenir de notre pays.

Mettre au centre d'un projet  « la question sociale et la question écologique » c'est se tromper sur la nature du défi que doit relever la France qui est d'abord économique et international. C'est donc tromper, certes sans le vouloir, les électeurs qui veulent le progrès. Sans une remise en cause de la marche de l'Europe, la France ne pourra assurer sa prospérité économique et ne pourra donc retrouver l'ascenseur social détruit par des années de défaitisme social libéral. C’est pourquoi je ne puis acquiescer au ralliement d’Arnaud Montebourg qui était, à mes yeux, porteur d’un projet radicalement différent.

Quant à Manuel Valls, le fait qu’il n'ait pas mis la détermination qu'on lui connaît au service d'une véritable volonté de redresser le pays, qu’il ait tout accepté d'une Europe qui a abaissé notre démocratie et nos chances de redressement, laisse sceptique quant à un vrai sursaut politique pour l'avenir.

En tout état de cause, le candidat socialiste qui sera désigné au second tour par ceux qui y participeront portera une responsabilité historique car les Français arrivent au bout du cycle de la confiance qu’ils ont pu lui accorder.

Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, vice-présidente de République Moderne

Positions


Mercredi 18 Janvier 2017


Pourquoi nous soutenons Arnaud Montebourg
Nous regardons l’état de la France, comme celui de notre département avec inquiétude et espoir.

Inquiétude parce que les fractures sociales, territoriales, éducatives, mentales même, gangrènent notre pays et tout particulièrement l’Aisne.

Cette situation est le résultat des politiques d’austérité sans vue à long terme, qui ont conduit progressivement notre société à ne plus comprendre les sacrifices demandés aux classes moyenne et populaire sans même la perspective de voir pour leurs enfants le retour à la prospérité. Quelque injuste que soit parfois la tentation du grand balayage ou du « tous pareils », nous ne pouvons nous résigner à voir des pans entiers de la population succomber à l’amertume et au ressentiment avec le sentiment dominant que les politiques les ont abandonnés.

Malgré les dommages causés par le froid –coupures, pannes parfois longues- les habitants de ma circonscription n’ont pas boudé les cérémonies de vœux. Cela montre bien leur attachement à la vie communale. Et de fait les vœux des maires sont un moment privilégié pour faire le point sur les réalités : comment vivent nos concitoyens, où en sont les projets d’aménagement, comment se porte l’école, quelles sont les perspectives de vie dans les intercommunalités, qui (sauf dans le Soissonnais) voient leur structure agrandie avec une nouvelle gouvernance…

C’est pourquoi j’éprouve moi aussi un grand plaisir à sillonner ma circonscription de communes en communes. Car c’est là un moment de rencontre et d’échange avec les habitants qui viennent souvent nombreux. Ces contacts directs avec tous, âges et professions mélangés, me sont très précieux. J’y puise de l’inspiration car on ne travaille pas pour un territoire de façon abstraite, on le fait d’abord pour ceux et celles qui y vivent. Je le répète souvent à l’occasion de ces vœux : l’élu national, au fond, est un médiateur. Il sert d’intermédiaire entre les aspirations de nos concitoyens et la nécessaire action de l’Etat. Il complète par là l’action des pouvoirs locaux, communes, intercommunalités, départements, régions. De nombreuses questions qui préoccupent légitimement les habitants de nos communes ne peuvent en effet se traiter sans l’intervention soit de la loi, soit des services de l’Etat, parfois les deux : ainsi par exemple les déserts médicaux, problème qui concerne tous les territoires ruraux de France. Ainsi également la juste répartition des services publics ou encore l’école. Quant à l’activité économique, il est essentiel de maintenir une mobilisation nationale au profit des territoires les plus atteints, comme le nôtre ; c’est d’autant plus nécessaire depuis que la compétence économique a été retirée aux départements pour remonter vers la région et que l’action des communes et intercommunalités est limitée en matière d’aides économiques.

La primaire de la gauche socialiste monte à l’horizon et entraîne de nombreux commentaires. Nul ne sait quelle en peut être l’issue mais il est difficile de penser qu’elle pourrait renforcer l’unité d’une gauche fragmentée. Entre les deux pôles extrêmes que représentent Emmanuel Macron, figure montante du libéralisme économique et politique, et Jean-Luc Mélenchon incarnant la protestation de « La France insoumise », y’a-t-il place pour un candidat socialiste ? Je crois que ce n’est pas ainsi qu’il faut poser la question.

Il faut regarder les projets, qui ne s’identifient d’ailleurs pas aux programmes. Je crois que les Français se détermineront sur un projet, c’est-à-dire sur une vision de leur avenir à condition bien entendu qu’un tel projet leur soit proposé. Au milieu des nombreuses incertitudes qui marquent le paysage politique, y compris dans le rapport entre l’extrême droite, la droite et le centre, je considère pour ma part que le projet présenté par Arnaud Montebourg est le plus défendable. Certes je n’approuve pas toutes les propositions faites par ce candidat mais selon moi, ce ne sont pas un ensemble de propositions liées dans un programme qui seront déterminantes. Ce sera l’axe donné par le candidat à sa campagne. De ce point de vue, seul Arnaud Montebourg pose clairement la question fondamentale du décollage économique et de son lien avec nos engagements européens. Cette fermeté, Arnaud Montebourg doit maintenant la montrer sur les questions liées à l’autorité de l’Etat ainsi que sur le défi de l’intégration. Chargée de représenter son projet en matière de laïcité, de citoyenneté et d’intégration, je propose pour ma part la reconstruction d’une citoyenneté à travers des actes et non des proclamations. Il faut à notre pays une vision à long terme, offrant aux Français dans le cadre d’une sécurité énergiquement assumée des perspectives de reconstitution d’un tissu géographique irrigué par des services publics ayant retrouvé le principe d’égalité : ni territoires relégués, ni quartiers abandonnés à la violence ou aux communautarismes. Pas davantage de crispation identitaire régionale, pas d’école à deux vitesses, pas d’abandon de la règle commune. C’est à cette condition que peut être recréé dans notre pays un élan collectif permettant de dépasser les difficultés.

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